Les nouveaux témoignages accablants d’Erin Heatherton et Selita Ebanks, mannequins pour Victoria’s Secret

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Une ambiance toxique

Malgré leur tentative de faire évoluer leur image, la réputation de la marque continue d’être entachée par les témoignages de mannequins. Erin Heatherton, mannequin pour Victoria’s Secret entre 2010 et 2013 s’est confiée.

Pour éviter de perdre l’un des plus importants contrats de sa carrière, la jeune femme raconte s’être pliée aux règles imposées par le géant de la lingerie, notamment en faisant appel à un nutritionniste pour mannequins. Ce dernier lui aurait prescrit des produits coupe-faim et des injections d’hormones pour lui faire perdre du poids. « Je me faisais une piqûre par jour dans le ventre », avoue-t-elle.

Le mannequin Selita Ebanks se confiait à son tour. Ayant collaboré avec la marque entre 2005 et 2008, elle affirme que devenir un mannequin pour Victoria’s Secret a totalement bouleversé sa vie. « Il y a un code à suivre. Il faut réussir à maintenir une taille parfaite, ce qui est contre nature, car on ne peut pas lutter contre Dame Nature. C’est quelque chose qui ne devrait pas arriver. C’est très difficile à vivre », affirme-t-elle.

Une marque qui ne séduit plus

Chaque année depuis 1995, Victoria’s Secret organisait l’un des défilés de lingerie les plus regardés au monde. Un show ponctué de performances d’artistes, de costumes spectaculaires et, évidemment, de lingerie ultra sexy portée par des mannequins stars, dont les célèbres mannequins de la marque américaine. Pendant vingt-quatre ans, cet événement retransmis à la télévision a fait de Victoria’s Secret la griffe de lingerie la plus populaire de la planète. Mais depuis trois ans, l’enseigne de lingerie ne séduit plus. Dans la société post #MeToo, sa façon de choisir des égéries selon des standards de beauté limités, faisant davantage référence à un fantasme masculin qu’à la diversité des morphologies existantes, dérange. La marque a également essuyé de multiples polémiques, dont les propos transphobes de son ancien chef marketing Ed Razek, figure phare de Victoria’s Secret et les accusations liant Les Wexner, présentent de L Brands, la société mère, à l’affaire Jeffrey Epstein, homme d’affaires coupable de trafic de mineurs.

En 2019, une pétition signée par plusieurs mannequins dénonçait même la culture misogyne qui régnait au sein de l’entreprise. Avant elles, des anciennes égéries et grands noms du mannequinat avaient déjà dénoncé la culture de l’entreprise, notamment Adriana Lima et Karlie Kloss.