À partir de ce 3 novembre, les femmes travaillent gratuitement

32
Les femmes travaillent « bénévolement » jusqu’à la fin de l’année

Créée en 2015, la newsletter féministe Les Glorieuses rapporte chaque année la date à laquelle les femmes comment à travailler gratuitement. En 2020, ce jour était le 4 novembre. Cette année, les Françaises travaillent « bénévolement » jusqu’à la fin de l’année à partir du 3 novembre à 9 h 22. C’est un jour plus tôt que l’année dernière.

Cette date n’est pas choisie au hasard, mais calculée à partir des chiffres d’Eurostat, l’organisme de statistiques de l’Union Européenne. Cette année, le salaire horaire brut moyen des femmes est de 16,5% inférieur à celui des hommes, contre 15,5% l’an dernier. Sur la base de journées de 7 heures (et de semaines de 35 heures), Les Glorieuses rapportent ensuite cet écart au nombre de jours travaillés en 2021 en veillant à exclure les week-ends et les jours fériés.

Un hashtag #3novembre9h22 et une pétition

Pour mobiliser un maximum de monde, le collectif Les Glorieuses, mené par la docteure en économie Rebecca Amsellem a lancé cette année une nouvelle pétition à partager avec l’hashtag #3novembre9h22. Dans une série de propositions, soumises aux candidats à l’élection présidentielle de 2022, l’économiste suggère d’appliquer le principe d’éga-conditionnalité en créant un certificat d’égalité salariale.

Autres mesures qui permettraient d’endiguer cette hausse de l’inégalité salariale en France : mettre en place un congé parental à se partager entre les deux parents et revaloriser les salaires des emplois où les femmes sont les plus nombreuses. Un congé paternité équivalent au congé maternité serait une vraie avancée féministe pour Rebecca Amsellem.

Des inégalités salariales exacerbées par la crise

La crise sanitaire liée à la Covid-19 a exacerbé ces inégalités. L’exposition au virus a été une variable supplémentaire aux conditions de travail déjà difficiles des femmes qui ont assuré les services de care (soin, Ehpad, éducation), ainsi que les caissières et femmes de ménages. Car les femmes représentent 83 % des métiers d’aide aux personnes et métiers de la propreté, 77,3 % des médecins et personnels non médicaux à l’hôpital et 87,4 % des employé.e.s d’établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

Le confinement a, par ailleurs, alourdi la charge mentale des femmes au sein des ménages. Durant le confinement de mars 2020, 40 % des Françaises ont consacré plus de quatre heures par jour aux enfants, soit le double des hommes. Ainsi, « elles sont 21 % à s’être arrêtées de travailler à cette occasion, soit, encore une fois, le double des hommes », rapporte le communiqué des Glorieuses. La crise a également impacté les femmes les plus précaires, dont les cheffes de familles monoparentales.